Detroit: revendications sociales, changement de population et prolifération de la drogue; de “Motor City” à la ville fantôme

Detroit, la première ville moderne fantôme au monde. Autrefois ville usine blanche, maintenant ville noire gangrenée par le crack. Que s’est il passé? Une désindustrialisation en même temps qu’un changement de population majeur, et une prolifération de la drogue.

Elle était surnommée « the Motor City ». Elle était le fief des plus grands constructeurs automobiles des états unis. Progressivement, la composition raciale de la ville change. En 1940, le ratio blanc/noir est de 90.7%/9.2%. En 1950, il est de 83.6%/16.2%.

Les années 1960 sont un pivot pour cette ville. La drogue commence à envahir la ville. En 1967, après une décente de police dans un bar exclusivement afro-américain, des émeutes très violentes éclatent. Tout est hors de contrôle. 43 morts, 467 blessés, 2 000 bâtiments détruits.

A partir de là, l’exode des blancs commence. Detroit devient la ville à fuir. En 1970, les afro-américains deviennent majoritaires et en 1973, un maire afro-américain est élu.

Les industriels faisaient face depuis les années 30 à un marché plus difficile et à des grèves syndicales répétées jusqu’à des accords syndicaux en 1937. Les accords signés avec les syndicats commencent à devenir insoutenables à partir de 1960.

En plus de ces accords, ils doivent alors faire face à une main d’œuvre droguée ou en exode. Les délocalisations entamées dès les années 50 s’accélèrent et ne s’arrêteront plus. Pourtant, c’est ici que les entreprises General Motors, Ford et Chrysler ont été fondées début XXe.

Depuis les années 1970, centres commerciaux, bibliothèques, hôtels, banques sont désertés et laissés à l’abandon. La ville devient post-apocalyptique. La criminalité devient explosive. Detroit est aujourd’hui classée comme la ville la plus dangereuse des Etats-Unis.

Aujourd’hui, Detroit est une ville rongée par la drogue et la violence. C’est la première ruine urbaine moderne connue au monde. Les bâtiments sont laissés à l’abandon.  Voilà l’histoire d’un des plus grands fiefs industriels occidentaux du XXième siècle.

Le 7 avril 2009, le Conseil municipal de Détroit a voté une résolution portant sur la démolition de la gare centrale de la ville. Le 11 juin 2018, il est annoncé que l’entreprise Ford rachète les ruines du bâtiment dans le but de le rénover. Une rénovation de la ville est entreprise depuis les années 2000. Au moment de son défaut, en 2006, sa dette s’élevait à plus de $18,5 milliards. Plus de $24 milliards ont été investis dans la ville depuis 2006, notamment via le gouvernement central des Etats-Unis.

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