Comment le Japon m’a changé: de la gauche marxiste à la droite nationaliste

Encore gauchiste, je suis parti un an au Japon. Je suis revenu nationaliste. Adepte à l’époque des théories de l’extrême gauche, je suis parti sans passion particulière pour ce pays. Je suis revenu charmé par son urbanisme, son peuple et sa vision de l’avenir.

Les rues étaient propres et les gens respectueux.

La première chose m’ayant marquée est la propreté. A Tokyo, aucun papier ne traine par terre, pas un chewing-gum sur le trottoir, les rues semblent immaculés comme si elles venaient d’être construites quelques semaines auparavant. La criminalité était nulle. Il n’était aucunement rare de voir des gens dormir dans la rue en toute tranquillité le samedi soir après une soirée très arrosée sans risquer quoi que ce soit. Prendre le métro fut un vrai plaisir tant il était ponctuel, organisé, propre même sur les lignes les plus anciennes.

Vivre au Japon en étant habitué à la France fait ressentir un sentiment puissant de sécurité et de paisibilité. Malgré une des urbanisations et une des densités de population les plus importantes du globe, l’homogénéité et la discipline individuelle du peuple japonais permet un “vivre-ensemble” agréable.

Pas d’immigrés naturalisés mais des travailleurs étrangers là pour bosser

Que la population immigrée au Japon soit très réduite est un fait très connu. Si l’immigration et la naturalisation restent des phénomènes rares, les travailleurs étrangers constituent une petite minorité visible dans la capitale du Japon. Ce sont généralement des étudiants et des travailleurs très qualifiés âgés entre 20 et 30 ans. Les nationalités de ces travailleurs étrangers sont nombreuses: allemands, français, italiens, malaisiens, chinois, indiens, américains, etc.

Nous étions dans ce pays pour faire un boulot contre rémunération. Une fois le travail accompli, nous partions avec de la sympathie pour le Japon qui nous avait accueilli pour quelques temps. La Japon avait même autorisé ma conjointe a me rejoindre pour quelques mois. Personne n’attendait de nous que nous nous intégrions ou que nous nous assimilions, seulement que nous respections le pays. Pas de regroupement familial, pas de naturalisation. Seulement un contrat de travail et un visa éventuellement renouvelable. Ainsi, j’étais agacé parfois par les touristes français qui parlaient fort dans le métro.

Bien qu’étranger, j’ai pu ressentir un vrai bien-être à vivre dans un pays vivant selon sa propre culture en se centrant sur son propre peuple. Les problèmes du Japon sont réels, mais aucun ne menace l’intégrité de leur culture ou de leur art de vivre. De cette pérennité émane une vraie sérénité.

C’est en constatant cette différence d’atmosphère que j’ai réalisé à quel point le modèle d’immigration choisi par la France contraignait les français et les immigrés à vivre dans le stress permanent. Le stress identitaire est une réalité.

 

Une télévision plus riche que le cliché ne le laisse entendre, et plus ouverte sur le monde

Les chaines que j’ai pu voir diffusaient des émissions permettant d’apprendre des langues étrangères. Beaucoup d’émissions montraient comment se comporter, quelles étaient les cuisines et les coutumes à l’étranger. Bien sur, cela restait sous l’angle purement touristique mais l’intérêt pour les autres nations était présent. La culture américaine et française étaient également présentes, avec un culte pour le baseball et un intérêt pour l’art de vivre français.

De nombreux exemples peuvent être cités qui éloigne considérablement la télévision japonaise du cliché des émissions de divertissement loufoques et débiles. Le premier ministre venait régulièrement à la télévision expliquer la politique du pays de manière détaillée (avec une présentation comme le ferait un chroniqueur économique sur BFM). Des émissions apprenaient à jouer aux échec ou au go. D’autres présentaient les travaux des universitaires dans les laboratoires de la région. Je garde comme bon souvenir les tournois de ping-pong féminins que nous regardions, moi et mes collègues, le soir dans notre collocation, en soutenant les compétitrices japonaises.

Lorsque j’ai vu la télévision japonaise, j’ai réalisé. En quarante ans d’UE, les européens ne savaient toujours rien de la culture des autres pays de l’Union. Pas besoin de leur montrer et de leur faire aimer ces cultures, elles étaient programmées pour être remplacées.

Les européens – je pense – étaient prêts à fonder un peuple européen qui aurait été nécessaire à l’émergence d’une nation européenne. Jamais cela ne fut traduit politiquement. Les peuples sont restés les peuples, l’UE s’est étendue et tout le monde a été dupé.

A ce titre, l’évolution de l’Eurovision est flagrante:
– il y a 50 ans, chaque pays chantait dans sa langue: c’était intéressant car on pouvait apprendre davantage de choses sur les autres nations.
– Désormais, la compétition s’est standardisée: l’intérêt culturel pour de la variété internationale chantée en anglais.
– Puis est venue se greffer la propagande mondialiste…

Une nation avancée qui arrive pourtant à préserver sa tradition

Une des images qui m’a le plus marqué est la multitude de petits temples que l’on trouve dans la ville, comme des enclaves de tradition religieuse écrasées par l’urbanisation mais qui subsistent malgré tout. Ces temples sont nombreux et c’est un vrai plaisir de parcourir Tokyo sans avoir de destination précise, appréciant la découverte de chacun d’entre eux.

Les costumes traditionnels sont régulièrement portés par les japonais eux mêmes, notamment le week-end. Les architectures varient selon les quartiers. Il n’est pas rare de voir des quartiers entiers dans Tokyo présentant une architecture relativement traditionnelle. C’était le cas près l’endroit où je pouvais loger, à Ōmori. Les parcs sont gigantesques, magnifiques et très bien entretenus. C’est le cas notamment des jardins impériaux au cœur de la ville.

Quelques faits divers lorsque j’étais présent au Japon

Lorsque j’étais là-bas:
– une doctorante avait truqué sa thèse, scandale national, suicide du directeur de thèse
– un français (blanc) faisait des cours pour attoucher des japonaises, expulsé immédiatement
– un musulman saoudien avait fracassé des statuettes bouddhistes dans un temple

La petite communauté française dans laquelle je me trouvais avait été scandalisée de cet harceleur sexuel français (blanc). Nous l’aurions jeté à la mer si on nous avait demandé notre avis.

Un pays, qui n’a pas besoin de nous, nous offrait pourtant son hospitalité. Bien se comporter était le minimum. En France, les immigrés défendent leurs criminels. Les français ne se respectent pas et ne respectent pas leur propre pays. Tout leur est égal.

Quelques réflexions sur l’économie, la démographie et le développement rapide de l’Intelligence Artificielle au Japon

Je savais que le Japon subissait le poids d’une dette très lourde et d’une densité de population très importante. Mais j’ai compris qu’il sortirait largement vainqueur de ce cycle économique. A la prochaine crise, le Japon aura réduit sa population et conservé son homogénéité. Nous, en France, serons en guerre civile.

Tandis que Macron joue le comédien avec son #AIforHumanity, Aldebaran Robotics a été racheté par Soft Bank (Japon). C’était un fleuron de la robotique et de l’IA française. Boston Dynamics (les chiens robots militaires) a également été revendu par Google à SoftBank.

Les japonais ont très bien compris l’intérêt d’une dette lourde et d’une population en décroissance, ainsi que de frontières fermées. Leur intérêt pour la robotique et l’IA vient aussi du fait de leur choix démographique.

De nombreux projets, incités par l’ONU, visaient à faire venir une immigration massive brésilienne au Japon. Les japonais ont toujours refusé (dieu merci). Ils ont compris qu’il valait mieux sacrifier l’économie pour privilégier la science et la civilisation.

L’immigration est un frein direct à la robotisation et l’émergence de projets viables en Intelligence Artificielle. Une IA n’est jamais rentable quand on peut faire venir une immigration corvéable et sous-payée. Mais on ne regarde pas les coûts cachés…

Cette leçon m’en a rappelé une autre, sur l’origine de la guerre de sécession aux USA:
– Les états du sud n’ont pas investi dans la machine, se reposant sur l’esclavage
– Les états du nord se sont mécanisés et leur production est devenue bien moins chère que celle du sud

 

La politique démographique du Japon a cependant évolué depuis 2012 en jouant sur le temps de travail et la natalité. La densité de population du Japon est énorme et la baisse de population est souhaitable mais le gouvernement souhaite contrôler ce phénomène. Pour le contrôler, l’idée de Shinzo Abe est simple: moins de travail, plus de temps libre pour faire des enfants.

Conclusion: le nationalisme permet la sécurité identitaire, condition indispensable pour que les peuples puissent s’ouvrir et collaborer en toute tranquillité avec les autres

Je ne crois pas au modèle national replié sur lui même. Je crois comme beaucoup de gens à gauche et à droite, que le modèle national est ce qui marche, mais qu’il doit être construit dans un esprit de collaboration avec les autres nations:

– intégration à la communauté nationale d’éléments assimilés en petit nombre
– pas de naturalisation mais un accueil des travailleurs étrangers
– ouverture sur le monde et intérêt pour les autres nations et cultures
– multiplication de projets industriels et scientifiques transnationaux

Dans mon esprit à ce moment, le nationalisme ne s’opposait pas obligatoirement au mondialisme. Si le mondialisme voulait abattre les frontières par la force, l’absence de démocratie, et s’était montré un fiasco total, le nationalisme pouvait éventuellement faire cette convergence dans la douceur.

 

Quelques notes:

– Contrairement à ce qui est souvent affirmé, le Japon n’est pas le pays où l’on se suicide le plus. Il n’est qu’en 26ème position mondiale derrière la cote d’Ivoire, l’Inde ou la Belgique. Selon les chiffres, on se suicide au Japon 25% de plus qu’en France. 14% de plus lorsqu’on est un homme mais 56% de plus lorsqu’on est une femme.  En France, les hommes se suicident 222% fois plus que les femmes.

– Oui, la condition de la femme japonaise n’est pas excellente. Il n’est pas rare de voir des japonaises diplômés préférer se marier avec un occidental pour échapper au modèle patriarcal plus strict du Japon.
– La pauvreté au Japon reste présente et on trouve beaucoup de petits boulots. Bien qu’interdite, la prostitution est présente, et ce sont les japonais et les japonaises eux mêmes qui se prostituent. Le nombre de sans abri dans la capitale reste largement inférieur à ce que peut observer à Paris.

– Le rapport à la pornographie n’est pas le même au Japon qu’en Occident. Il n’est pas rare de trouver des revues manga pornographiques à portée d’enfant sur un étal de libraire dans la rue, la couverture dépassant de très loin la simple notion d’érotique. Aussi, il y a des lieux comme Akihabara ou il est possible de passer en moins d’une seconde d’un rayon totalement normal à un rayon consacré à la pornographie sans avertissement.

– Le coût de la vie est très abordable. La décroissance démographique rend le prix des logements parfaitement décents. Se nourrir ne coute pas cher, il devient même régulier de ne pas cuisiner et de manger toujours à l’extérieur. Le cout des transports est conséquent (équivalent à celui du loyer) mais le niveau de service vaut le prix.

– J’ai moi même été employé pour travailler sur des projets d’intelligence artificielle au Japon. L’intérêt de ce pays pour cette discipline est réel. Anecdote: c’est un hologramme qui m’a souhaité la bienvenue à l’aéroport de Narita.